Septembre 2020
« Jamais la fin d’été n’avait paru si belle, les vignes de l’année auront de beaux raisins… » chantait Barbara. 

Septembre est là, dans la placide douceur d’une belle arrière saison. Deux mois ont passé, la musique a repris ses droits tant bien que mal, après l’arrêt brutal du spectacle vivant au plus fort de la crise. Des concerts ont germé ici et là, comme les herbes folles au milieu des ruines. La musique est comme la nature, elle est la plus forte. Elle a résisté, elle a enjambé les obstacles, elle a imposé sa présence. Un désir puissant a fait retrousser les manches de ses acteurs, a décuplé leurs ressources imaginatives. Barrée par endroits, elle s’est re-créée ailleurs, dans un élan de spontanéité, si facilement et si rapidement que l’on en est encore ébahi. On voudrait tant que tout soit comme avant! On en recherche l’illusion, arpentant les festivals, les concerts de saison qui reprennent. Seulement voilà, le paysage a changé, et l’atmosphère aussi. Les sourires ont disparu derrière les masques, il faut se tenir à bonne distance, éviter de s’attarder, prendre mille précautions…Les concerts n’ont plus d’entracte, et le public – bonne nouvelle – ne tousse plus! Mais plus que jamais demeure cette étincelle dans les regards, qui fait front à l’inquiétude latente. Un regain de vitalité culturelle anime cette rentrée, foisonnante, étonnante, comme une urgence à conjurer les affres de cette épouvantable année, à quatre mois de son terme. Tout est chamboulé! Des festivals que l’on n’attendait pas, aux dates inhabituelles, des concours qui se serrent les coudes, des avalanches de disques…Une nouvelle ponctuation qui bouleverse les habitudes, change les repères. Alors ne boudons pas cette abondance, accueillons avec confiance et gourmandise ce joyeux désordre, et laissons-nous porter par son flux revigorant! N’est-elle pas belle, cette fin d’été? 

Jany Campello