Édito mai  2021

Jany Campello

En mai, fais ce qu’il te plaît! Oui, enfin bientôt, et presque… La bonne nouvelle est arrivée : la vie culturelle va repartir ! La vie tout court, la vraie. Alors on respire à nouveau en dépit des masques, on se projette, on voit la lumière enfin, au bout du long tunnel. Le gouvernement emploie certes les précautions d’usage – chat échaudé – la situation sanitaire devra le permettre à l’échelle territoriale. Un redémarrage en trois étapes. Ainsi les concerts vont pouvoir reprendre en salle et avec leur public à partir du 19 mai, suivant une jauge de 800 personnes dans la limite horaire du nouveau couvre-feu fixé à 21 heures. Les lieux de culture vont rouvrir. Le 9 juin, le couvre-feu passera à 23 heures, permettant des concerts en soirée. Le 30 juin sonnera la fin du couvre-feu et le grand retour des festivals d’été. De quoi largement se réjouir ! Finies les attestations de sorties, finie la limite des dix kilomètres sur le territoire national, fini le confinement, finis les pis-aller et les solutions de fortune derrière les écrans. Espérons-le durablement…Le prix? Le respect des protocoles sanitaires que nous connaissons désormais par cœur, les tests, la vaccination. Certains râlent, s’indignent de l’institution du pass sanitaire. Mais a-t-on le choix? Hormis celui de se priver encore des mois et d’empêcher le monde de la culture de renaître au nom de la sacro-sainte liberté, de la protection des données personnelles? Le traçage ne date pas de la pandémie, nos téléphones portables en sont les instruments depuis bien plus longtemps, et nos consommations les vecteurs. Nul n’échappe à l’algorithme qui gouverne en maître absolu en cette première moitié du XXIème siècle. Mais c’est aussi probablement lui qui nous tirera d’affaire, et stoppera le virus et ses mutations. À l’heure où la covid continue à frapper férocement – on pense à la situation catastrophique de l’Inde – n’est-ce pas la moindre des choses que d’accepter une mesure protectrice pour soi et les autres? Aller au concert sans appréhension pour vivre et partager à nouveau pleinement la musique, voyager à nouveau en toute quiétude, un rêve à portée d’aiguille ! Comme nous ne reviendrons pas à la vie d’avant, du moins pas de si tôt, alors regardons cette évidence et cédons cet arpent de notre liberté. Envisageons la coupe presque pleine de la reconquête. La musique est là, prête à germer et à être cueillie, les artistes et les programmateurs n’ont jamais cessé de se tenir prêts. Ils nous faut juste passer les saints de glace!